Livret A, électricité, cigarettes, avions, péages… Tout ce qui change au 1er février

C’est une date que beaucoup de Français redoutent ou attendent avec impatience : le fameux 1er février. Cette année 2026 ne déroge pas à la règle et apporte son lot de bascules administratives et tarifaires. Entre la petite bouffée d’oxygène sur la facture de chauffage et le coup de froid sur les intérêts de votre épargne de précaution, il y a de quoi perdre un peu le fil. On a passé au crible les annonces du gouvernement et des autorités de régulation pour vous aider à y voir plus clair. Globalement, le bilan est assez mitigé : si quelques euros se libèrent ici et là, les frais du quotidien, eux, ont tendance à grignoter vos économies. Plongeons dans le détail de ce qui vous attend dès demain matin.

Un équilibre du budget des ménages (Crédit : Stevepb/Pixabay)
Un équilibre du budget des ménages (Crédit : Stevepb/Pixabay)

Ce qu'il faut retenir :

  • L’épargne rapporte moins : le taux du Livret A tombe à 1,5 % et celui du LEP à 2,5 %. C’est le moment de vérifier si vos placements sont toujours les plus adaptés à vos projets.
  • Petite bouffée d’air sur l’électricité : grâce à une baisse des taxes sur l’abonnement, vous allez gratter environ 10 € d’économie par an sur vos factures d’énergie.
  • Les frais fixes grimpent : entre les banques qui augmentent leurs tarifs de 3 % et les péages qui prennent 0,86 %, vos dépenses automatiques vont peser un peu plus lourd.
  • Litiges aériens plus lents : si votre vol est annulé, la médiation devient obligatoire avant d’aller en justice. C’est gratuit, mais préparez-vous à être un peu plus patient pour vos remboursements.
  • Santé et tabac : le prix de certains paquets de cigarettes continue de grimper, une hausse qui vise directement votre portefeuille pour vous encourager à ralentir la cadence.

Pourquoi le rendement de votre Livret A baisse-t-il encore ?

C’est sans doute la nouvelle la moins réjouissante pour les millions de détenteurs d’un compte d’épargne réglementé. Le Livret A, mais aussi le LDDS et le petit frère pour les jeunes, voient leur rémunération fondre pour passer à 1,5 % net. On est loin des sommets connus précédemment. La Banque de France a tranché en suivant une logique implacable : l’inflation se calme, alors les taux suivent le mouvement. C’est mathématique, mais ça reste frustrant quand on cherche à protéger son capital sans prendre de risques.

Même le Livret d’Épargne Populaire, cette perle pour les ménages modestes, n’échappe pas à la cure d’austérité. Il glisse à 2,5 %. Alors certes, les autorités nous rappellent qu’elles ont fait un geste en évitant une chute plus brutale, mais le constat est là : mettre de l’argent de côté rapporte moins. Pour beaucoup, ce petit demi-point en moins semble anecdotique, mais sur une année complète avec un plafond bien rempli, la différence se fait sentir au moment de faire les comptes. C’est un signal clair envoyé aux épargnants : l’époque de l’argent qui « dort » avec un bon rendement s’éloigne un peu plus.

La baisse du prix de l’électricité est-elle vraiment visible ?

On en a beaucoup entendu parler dans les médias, et c’est enfin là. Une baisse des tarifs de l’énergie est actée, mais attention à ne pas crier victoire trop vite. Le vrai changement se situe sur la part fixe de votre contrat, ce qu’on appelle l’abonnement. Grâce à une coupe dans la taxe d’acheminement, la fameuse CTA, vous allez économiser une dizaine d’euros sur l’année. Ce n’est pas le pactole, on est d’accord, mais dans le contexte actuel, chaque pièce compte.

Pour ceux qui sont au tarif réglementé, celui avec le logo bleu, la diminution globale tourne autour de 0,8 %. Si vous consommez beaucoup, vous verrez peut-être une petite différence sur vos prélèvements mensuels, mais pour un petit studio, cela représentera à peine le prix d’un café par mois. C’est une baisse technique validée par la Commission de régulation de l’énergie qui vise surtout à stabiliser les factures après les envolées des dernières années. En résumé, c’est une bonne nouvelle qui fait du bien au moral, même si elle ne changera pas radicalement votre niveau de vie.

Pourquoi les péages autoroutiers augmentent-ils à chaque hiver ?

C’est presque devenu une tradition hivernale, et elle n’est pas très appréciée des automobilistes. Les sociétés d’autoroutes ont encore une fois révisé leurs prix à la hausse, avec une augmentation moyenne de 0,86 %. On pourrait se dire que ce n’est même pas 1 %, mais mis bout à bout sur un trajet de vacances ou un déplacement professionnel régulier, la note s’alourdit. L’État a validé ces nouveaux barèmes en expliquant qu’ils sont nécessaires pour financer l’entretien du réseau et les investissements dans les infrastructures.

Pour le conducteur lambda, cela signifie souvent quelques centimes supplémentaires à chaque passage de barrière. C’est agaçant, surtout quand on a l’impression que le service n’évolue pas aussi vite que les tarifs. Ces contrats de concession sont souvent pointés du doigt pour leur complexité, mais pour vous, la réalité est simple : si vous prenez la route pour les vacances de février, prévoyez un petit budget supplémentaire pour les portiques automatiques. Une hausse qui s’ajoute à celle du carburant et qui rend les longs trajets de plus en plus coûteux.

Est-ce le moment de renégocier vos frais bancaires ?

Si vous n’avez pas ouvert les derniers courriers de votre banque, c’est le moment de le faire. Les tarifs des services bancaires bondissent de 3 % en moyenne cette année. C’est une tendance lourde que la CLCV observe sur la quasi-totalité des établissements. Ce qui pique le plus, ce sont les frais de tenue de compte qui s’envolent de plus de 6 %. Payer plus de vingt-quatre euros par an juste pour que votre argent reste sur un compte courant, ça commence à faire beaucoup pour pas mal de clients.

Les cartes bleues ne sont pas épargnées non plus avec une augmentation de 2 %. On sent que les banques cherchent à compenser la baisse de certains revenus en facturant davantage les services de base. C’est peut-être l’occasion idéale de faire jouer la concurrence ou de regarder de plus près ce que proposent les banques en ligne. Souvent, on reste fidèle à son agence par habitude, mais avec ces nouvelles hausses, le coût de la fidélité devient franchement prohibitif pour les budgets serrés.

Fumer va-t-il devenir un luxe inaccessible ?

La pression continue sur les fumeurs avec de nouveaux ajustements de prix sur plusieurs marques de cigarettes. Ce n’est pas une surprise, puisque le gouvernement a fait de la lutte contre le tabagisme un axe majeur de sa politique de santé. L’objectif est limpide : atteindre un prix qui décourage vraiment l’achat impulsif ou quotidien. Pour ceux qui ont du mal à décrocher, c’est un coup dur supplémentaire pour le budget « plaisir » qui se transforme de plus en plus en budget de contrainte.

Chaque marque applique ses propres hausses selon les accords passés, mais la tendance globale est la même partout. On dépasse désormais régulièrement des seuils symboliques qui font réfléchir avant de passer à la caisse du bureau de tabac. Au-delà de l’aspect médical, c’est une ponction financière directe qui pèse lourdement sur le reste à vivre des ménages concernés. À ce rythme, le paquet de cigarettes finira par peser autant qu’un plein de courses dans les dépenses mensuelles de certains Français.

Comment se faire rembourser un billet d’avion avec les nouvelles règles ?

Attention, si vous avez un vol prévu ou un litige en cours, les règles du jeu changent à partir du 7 février. On oublie la saisine directe du tribunal pour un avion annulé ou un retard de trois heures qui vous a fait rater votre correspondance. Désormais, il faudra obligatoirement passer par la case médiation. C’est une étape qui se veut amiable pour essayer de trouver un terrain d’entente avec la compagnie aérienne sans passer devant un juge. L’idée, c’est de désengorger les tribunaux qui croulent sous les dossiers de passagers mécontents.

Sur le papier, c’est plutôt positif car la médiation est gratuite. Mais en réalité, cela risque d’allonger un peu les délais de règlement. Si la compagnie fait la sourde oreille, vous devrez prouver que vous avez tenté de discuter avec le médiateur avant de pouvoir espérer une décision de justice. C’est une couche administrative en plus à gérer pour le voyageur, qui doit déjà se battre avec des formulaires complexes. Pensez bien à conserver tous vos justificatifs, car dans ce nouveau système, la preuve de vos démarches devient encore plus cruciale pour obtenir gain de cause.

Thierry Chabot

Auteur : Thierry Chabot
Article publié le 31 janvier 2026 et mis à jour le 31 janvier 2026
Passionné par l'univers de la finance, j'accompagne les particuliers dans leurs choix et décisions pour optimiser leur budget et ainsi faire des économies.

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