Une annonce surprise pour bien commencer l’année 2026
Alors que l’on se remet à peine des fêtes, Sébastien Lecornu a choisi ce samedi 3 janvier pour frapper un petit coup sur le terrain du pouvoir d’achat. Le chef du gouvernement a officialisé une diminution du coût de l’abonnement pour tous les contrats de fourniture d’électricité en France. Ce n’est pas une mince affaire, car cette décision ne fait pas de jaloux : que vous soyez au tarif réglementé chez l’opérateur historique ou que vous ayez opté pour une offre de marché chez un concurrent, vous êtes concerné. Dès le 1er février, la partie fixe de votre facture va donc s’alléger un peu, une nouvelle qui arrive dans un climat où chaque euro compte pour les foyers français.
Quel est le montant exact de cette réduction sur votre facture ?
On ne parle pas ici d’une révolution, mais plutôt d’un coup de pouce ciblé sur la partie fixe de la note. En moyenne, la réduction devrait tourner autour de 5 % sur le prix de l’abonnement. Pour un ménage classique, cela représente environ dix euros d’économie sur l’année complète. Ce n’est pas Byzance, c’est vrai, et on imagine déjà les sourires en coin de certains en voyant ce montant. Pourtant, mis bout à bout, le gouvernement assure que cela représente un total de 540 millions d’euros rendus aux Français. C’est une somme globale qui pèse lourd dans les comptes de l’État, même si elle se dilue fortement une fois arrivée dans votre poche.
Pourquoi les professionnels sont-ils les grands gagnants ?
Si pour nous, particuliers, la baisse semble timide, elle prend une tout autre dimension pour les petits entrepreneurs. Le Premier ministre a insisté sur le cas des professionnels qui consomment beaucoup d’énergie, comme nos boulangers ou certains artisans. Pour eux, l’économie peut grimper jusqu’à 200 euros par an. Ce n’est pas rien quand on connaît les difficultés qu’ils ont traversées ces dernières années avec l’envolée des prix de l’énergie. Pour ces métiers où les machines tournent en permanence, cette baisse de la partie fixe est un signal de soutien bienvenu, même s’il ne règle pas tout le problème du coût de l’énergie.
C’est quoi cette taxe CTA qui baisse de 25 % ?
Pour comprendre d’où vient l’argent, il faut regarder du côté de la Contribution Tarifaire d’Acheminement, cette fameuse CTA que vous voyez sur vos factures sans trop savoir à quoi elle sert. Roland Lescure, le ministre de l’Économie, a précisé que c’est elle qui va être rabotée de 25 %. Cette taxe sert normalement à financer les droits spécifiques d’assurance vieillesse des personnels des industries électriques et gazières. En la diminuant, l’État réduit mécaniquement le prix final de l’abonnement. C’est un levier fiscal assez simple à actionner pour le gouvernement et qui permet d’afficher une baisse immédiate sans toucher aux tarifs de production eux-mêmes.
Vers un grand plan d’électrification des usages ?
Sébastien Lecornu ne veut pas qu’on voie cette mesure comme un simple cadeau isolé. Il présente cette baisse comme un « premier pas concret » avant quelque chose de beaucoup plus vaste. Dans les semaines qui viennent, un grand plan national pour l’électrification devrait être dévoilé. L’idée est de pousser les Français à délaisser les énergies fossiles pour l’électricité, tout en essayant de garantir que celle-ci reste abordable. C’est un sacré pari sur la souveraineté énergétique du pays. Le Premier ministre veut nous préparer à un futur où l’on consommera plus d’électricité, mais de manière plus intelligente et, on l’espère, moins coûteuse.
Pourquoi les réactions sont-elles si mitigées sur le web ?
Il n’a pas fallu attendre longtemps pour que les réseaux sociaux s’enflamment. Si certains internautes reconnaissent que « c’est toujours ça de pris », une grande partie de la Toile juge l’effort dérisoire. Dix euros par an, c’est moins d’un euro par mois, soit à peine le prix d’un café tous les deux mois. Beaucoup rappellent les hausses massives subies depuis 2022 et trouvent que le compte n’y est pas vraiment. C’est le paradoxe de cette mesure : elle coûte cher à l’État mais se ressent peu chez les français. Le gouvernement joue gros sur la communication, car une mesure perçue comme trop symbolique peut parfois agacer plus qu’elle ne soulage.
Est-ce qu’une hausse ne vient pas annuler cette baisse ?
Il faut dire les choses explicitement : si le gouvernement communique fort sur ce rabais de février, c’est aussi parce que le mois de janvier 2026 marque un tournant moins réjouissant pour nos portefeuilles. Avec la disparition totale du bouclier tarifaire et la réforme du marché (la fin de l’ARENH), plusieurs taxes ont été revues à la hausse dès le premier jour de l’année. En réalité, pour beaucoup de ménages, la petite économie de dix euros promise sur l’abonnement risque d’être totalement absorbée par l’augmentation du prix du kilowattheure et des autres contributions comme les CEE (Certificats d’Économies d’Énergie). C’est le fameux effet d’optique : on nous annonce une baisse d’un côté, alors que la facture globale a tendance à s’alourdir de l’autre à cause du contexte fiscal global.
Le dispositif de l’accès régulé à l’électricité nucléaire historique (ARENH) a été instauré par la loi n° 2010-1488 du 7 décembre 2010 portant nouvelle organisation du marché de l’électricité (dite loi « NOME »). Ce dispositif permet aux fournisseurs alternatifs, depuis le 1er juillet 2011 et jusqu’au 31 décembre 2025, d’accéder à un prix régulé, à l’électricité produite par les centrales nucléaires historiques d’EDF situées sur le territoire national et mises en service avant le 8 décembre 2010.
Commission de Régulation de l’Énergie
Est-ce que cette baisse sera durable en 2026 et 2027 ?
La question que tout le monde se pose, c’est de savoir si les prix vont remonter par ailleurs. On sort tout juste d’une grosse réforme du marché de l’électricité avec la fin du mécanisme ARENH et l’arrivée d’un nouveau système lié à la production nucléaire. Le gouvernement se veut rassurant et anticipe une certaine stabilité pour les deux prochaines années. Cette baisse de l’abonnement s’inscrit dans cette volonté de calmer le jeu après les montagnes russes tarifaires que nous avons connues. Mais attention, le marché reste imprévisible et les taxes peuvent bouger dans les deux sens selon les besoins du budget de l’État.
Quand verrez-vous concrètement la différence sur votre contrat ?
Ne vous attendez pas à un changement dès demain matin. Il reste encore quelques étapes administratives à franchir, comme la consultation de la Commission de Régulation de l’Énergie (la fameuse CRE) et d’autres instances comme le Conseil supérieur de l’énergie. Une fois que tout le monde aura donné son avis, un arrêté sera publié au Journal officiel pour graver tout ça dans le marbre. Normalement, si tout se passe comme prévu, le nouveau tarif apparaîtra automatiquement sur vos factures de février. Vous n’avez aucune démarche à faire auprès de votre fournisseur, le calcul se fera tout seul en coulisses.
Quel impact pour votre budget au quotidien ?
Au final, que faut-il en retenir pour votre portefeuille ? Si vous êtes un particulier, cette annonce ne va pas transformer votre niveau de vie, c’est une évidence. C’est une petite remise, une sorte de geste commercial de l’État pour dire qu’il surveille le thermomètre des prix. Pour les entreprises et les commerces de proximité, c’est par contre une vraie bouffée d’oxygène qui s’ajoute à d’autres dispositifs. C’est une mesure qui vise surtout à apaiser les esprits et à préparer le terrain pour les réformes de fond qui arrivent. On surveillera de près si d’autres baisses, peut-être plus significatives sur le prix du kilowattheure cette fois, suivront dans l’année.
Auteur :
Thierry Chabot
Article publié le
4 janvier 2026
et mis à jour le
4 janvier 2026
Passionné par l'univers de la finance, j'accompagne les particuliers dans leurs choix et décisions pour optimiser leur budget et ainsi faire des économies.