Un trésor de guerre qui donne le vertige
C’est un cap symbolique qui vient d’être franchi cet été. Imaginez un peu : en l’espace d’une décennie, la richesse financière des ménages dans l’Hexagone a bondi de plus de 50 %. Selon les derniers rapports publiés récemment par la Banque de France, ce magot totalise environ 6 478 milliards d’euros. Certains experts du Trésor parlent même d’un dépassement net des 6 500 milliards si l’on gratte un peu plus loin. Pour bien se rendre compte de l’ampleur du phénomène, ce montant laisse loin derrière lui la dette publique du pays ou même la valeur totale des entreprises du CAC 40. On ne parle pas ici de vos maisons ou de vos appartements, mais bien de l’argent disponible sur les comptes, les livrets ou les contrats d’assurance. Cette accumulation témoigne d’une volonté farouche de se protéger face aux incertitudes, un trait de caractère bien de chez nous qui ne semble pas s’estomper avec le temps.
L’assurance-vie reste la reine incontestée de nos portefeuilles
Si vous vous demandez où les Français épargnent le plus sereinement, la réponse ne change pas : c’est dans leur assurance-vie. Ce placement reste le chouchou numéro un, captant la part du lion de cette immense fortune nationale. Pourquoi un tel succès ? C’est simple, elle sait tout faire. Elle offre une souplesse que les autres n’ont pas, surtout après huit ans de détention quand la fiscalité devient vraiment douce. On a vu ces derniers mois que les épargnants n’hésitent plus à mixer les genres. Si les fonds en euros rassurent par leur sécurité, les unités de compte attirent ceux qui veulent un peu plus de piment dans leur rendement. Même si l’économie mondiale tangue parfois, les flux vers ces contrats sont restés très solides durant l’année écoulée, prouvant que la confiance envers ce couteau suisse de la finance ne s’érode pas.
Le coup de froid sur les livrets réglementés en 2025
C’est le petit séisme de l’année pour ceux qui ne jurent que par leur Livret A. Après avoir affiché une santé insolente, les produits d’épargne garantis par l’État marquent un peu le pas. La faute à une chute des taux d’intérêt, passés de 3 % à 1,7 % en 2025, qui a refroidi les ardeurs. Pourtant, presque tout le monde en possède un. On les aime pour leur côté « disponible tout de suite » et l’absence totale d’impôts sur les intérêts. Mais la vraie star de cette catégorie, c’est le LEP. Le Livret d’Épargne Populaire a fait un carton plein avec près de 12 millions de bénéficiaires. Pour les ménages les plus modestes, c’est devenu l’outil indispensable pour contrer la vie chère, avec un encours qui frôle désormais les 80 milliards d’euros. C’est la preuve que quand un placement rapporte vraiment, les Français savent très bien vers où se tourner.
Ces centaines de milliards qui dorment sur les comptes courants
C’est peut-être l’un des aspects les plus surprenants du rapport de la Banque de France : la montagne de cash qui stagne sur les dépôts à vue. Plus de 500 milliards d’euros dorment littéralement sur des comptes courants qui ne rapportent strictement rien. Souvent, c’est par simple flemme de chercher ailleurs ou par peur de bloquer ses fonds, mais ce manque à gagner est réel. À côté de cela, on observe une belle montée en puissance des Plans d’épargne retraite. Le PER séduit de plus en plus, tout comme l’épargne salariale proposée par les entreprises. On sent que les Français commencent à intégrer que pour préparer l’avenir, il faut savoir diversifier. Les actions et les parts dans l’immobilier via les SCPI gagnent aussi du terrain. On sort doucement du tout-sécurisé pour aller chercher quelques points de performance là où ils se trouvent.
Combien épargnent les Français en moyenne par an ?
C’est la question qui brûle toutes les lèvres lors des repas de famille : « Et toi, tu mets combien de côté ? ». S’il n’y a pas de réponse universelle puisque tout dépend du salaire et des charges de chacun, les moyennes donnent tout de même une idée du paysage actuel. En croisant les données de l’INSEE et celles de la Banque de France, on estime que l’épargne moyenne par ménage tourne autour de 7 000 à 7 300 euros chaque année. Si on ramène ça au mois, on parle d’une somme comprise entre 580 et 610 euros. Évidemment, c’est une statistique à prendre avec des pincettes. Les 20 % les plus riches tirent la moyenne vers le haut, alors que beaucoup de familles finissent le mois à zéro, voire dans le rouge. Mais globalement, le taux d’épargne des Français est l’un des plus élevés d’Europe, atteignant presque 19 % du revenu disponible au milieu de l’année 2025.
Un comportement de fourmi face à un avenir flou
Ce niveau d’épargne, bien supérieur à ce que l’on voyait avant la période Covid, en dit long sur notre état d’esprit. On met de côté par précaution, pour les coups durs ou pour aider les enfants plus tard. Au total, ce sont entre 300 et 350 milliards d’euros qui sont mis en réserve chaque année par l’ensemble des citoyens. C’est une force économique immense, mais aussi un signe de prudence extrême. Le basculement vers des produits un peu plus risqués comme les actions montre que les mentalités évoluent, mais le socle reste celui de la sécurité. On préfère avoir une poire pour la soif, même si elle rapporte un peu moins, plutôt que de tout miser sur un tapis vert. C’est cette gestion de bon père de famille, multipliée par des millions de foyers, qui a construit ce record historique de 6 500 milliards d’euros dont on parle aujourd’hui.
Et vous, plutôt cigale ou fourmi ?
Au final, ces chiffres astronomiques de la Banque de France ne sont que le reflet de nos petites habitudes quotidiennes mises bout à bout. Si la France semble être devenue une nation de fourmis géantes, la réalité derrière chaque porte de maison est bien différente. Entre ceux qui automatisent leur virement dès le 1er du mois et ceux qui préfèrent profiter de l’instant présent en se disant qu’on ne vit qu’une fois, il n’y a pas de mauvaise méthode, tant que l’on garde l’esprit tranquille. Mais alors, au milieu de ces 6 500 milliards d’euros, quelle est votre place ? Est-ce que vous faites grimper la moyenne avec un Livret A bien rempli, ou est-ce que vous faites partie de ceux qui préfèrent injecter leur argent dans l’économie réelle au jour le jour ?
Auteur :
Thierry Chabot
Article publié le
13 janvier 2026
et mis à jour le
13 janvier 2026
Passionné par l'univers de la finance, j'accompagne les particuliers dans leurs choix et décisions pour optimiser leur budget et ainsi faire des économies.