Wero devient-il vraiment un poids lourd européen en 2026 ?
On ne parle plus ici d’une simple expérimentation entre voisins. Avec plus de 48 millions d’utilisateurs actifs rien qu’en France, en Allemagne et en Belgique, la solution portée par l’European Payments Initiative (EPI) a littéralement explosé. Les chiffres donnent le tournis : plus de 100 millions de transactions ont déjà transité par ce système depuis son lancement. Mais le véritable coup de tonnerre a eu lieu le 2 février dernier. En signant un accord majeur avec EuroPA, qui regroupe les champions locaux comme Bizum en Espagne ou MB WAY au Portugal, Wero connecte désormais 130 millions de personnes supplémentaires. C’est simple, près de trois quarts de la population de l’Union européenne sont maintenant couverts par cette infrastructure. On est passé d’un outil régional à un véritable réseau paneuropéen capable de rivaliser avec n’importe quel acteur mondial.
Est-ce enfin la fin du règne de Visa, Mastercard et PayPal ?
C’est la question qui brûle toutes les lèvres, mais restons réalistes : on ne déloge pas des empires de plusieurs décennies en un claquement de doigts. Ces géants restent omniprésents, surtout pour les achats hors d’Europe ou pour les systèmes de cartes à débit différé et de récompenses auxquels les consommateurs sont attachés. Pourtant, la menace est bien là. Contrairement aux réseaux classiques, l’outil européen fonctionne en « compte à compte » instantané. Pour les commerçants, c’est une aubaine car les frais sont divisés par deux ou trois par rapport aux commissions de Visa ou Mastercard. Pour vous, c’est l’assurance que vos données ne traversent pas l’Atlantique. Si le remplacement total n’est pas pour demain, le grignotage des parts de marché est commencé et il s’accélère fort sur le terrain du quotidien.
Pourquoi utiliser Wero plutôt qu’une autre solution ?
L’atout majeur de cette solution, c’est qu’elle ne vous demande pas de créer un énième compte sur une plateforme obscure. Elle est déjà là, blottie au cœur de votre application bancaire habituelle. C’est l’un des points forts soulignés par Martina Weimert, la patronne de l’EPI : la confiance. Quand vous envoyez de l’argent, il n’y a pas d’intermédiaire technique qui stocke vos fonds. Tout se passe directement entre votre banque et celle de votre destinataire. C’est rapide, sécurisé, et surtout, c’est gratuit pour la plupart des transferts entre particuliers. On évite ainsi la lourdeur des RIB à rallonge et les erreurs de saisie, tout en bénéficiant de la robustesse des systèmes bancaires traditionnels.
Comment ça marche concrètement pour envoyer de l’argent ?
Le fonctionnement a été pensé pour être aussi fluide qu’un message envoyé sur un réseau social. Une fois que vous avez activé l’option dans votre interface bancaire, il vous suffit de connaître le numéro de téléphone ou l’adresse e-mail de la personne à qui vous voulez envoyer des fonds. Quelques clics, un montant, un petit message perso si le cœur vous en dit, et c’est fini. L’argent arrive en quelques secondes sur le compte d’en face, même si c’est un dimanche à trois heures du matin. Et si vous êtes face à un commerçant, un simple scan de QR code suffit. C’est cette simplicité qui a permis de séduire des enseignes comme Decathlon ou Lidl, qui voient dans ce système une manière de fluidifier le passage en caisse tout en réduisant leurs coûts de transaction.
Quels sont les avantages pour vos finances personnelles ?
Au-delà de l’aspect pratique, c’est une question de contrôle sur votre argent. En utilisant ce système, vous profitez du virement instantané SEPA sans les frictions habituelles. Pour ceux qui craignent pour la sécurité de leurs paiements en ligne, sachez que le dispositif ne transmet jamais vos coordonnées bancaires réelles au marchand. C’est un gage de tranquillité supplémentaire contre le piratage. De plus, l’intégration progressive dans les sites d’e-commerce permet de suivre ses dépenses en temps réel, sans attendre que la banque « remonte » l’opération plusieurs jours après, comme c’est parfois le cas avec une carte classique. C’est une gestion plus saine et plus transparente de votre budget.
Que devient Paylib dans tout ça ?
C’est officiel depuis quelques temps déjà : l’heure de la retraite a sonné pour notre solution nationale. Si vous étiez un adepte de Paylib en France, vous avez sans doute remarqué que le service a passé le relais à son successeur européen. Pas de panique pour autant, la transition a été pensée pour être totalement transparente. Les deux systèmes cohabitent parfaitement le temps que tout le monde se mette à jour : vous pouvez envoyer de l’argent depuis Wero à un proche qui n’a pas encore basculé et qui utilise toujours l’ancienne interface, et ça fonctionne aussi dans l’autre sens. L’idée, c’était vraiment de ne laisser personne sur le carreau pendant que les banques débranchent progressivement les vieux serveurs. Pour vous, au quotidien, le changement est presque invisible, si ce n’est que vos possibilités de paiement s’ouvrent désormais à nos voisins allemands et belges.
Paylib c’est fini, direction Wero !
Après plus de 10 ans passés à vos côtés, Paylib a passé le relais à Wero. Début 2025, le paiement mobile a changé de dimension : Paylib a fait place à Wero dans votre banque et votre application mobile bancaire. Tous les utilisateurs Paylib ont donc été embarqués progressivement sur Wero pour que toutes les banques Paylib vous proposent désormais Wero.
Paylib
Quel est l’avenir du paiement en Europe pour les prochaines années ?
En attendant, le calendrier est déjà bien rempli. Si 2026 marque l’année de l’interopérabilité totale entre les différents pays de l’alliance, les prochaines étapes s’annoncent encore plus impressionnantes. On attend le déploiement massif du paiement en magasin via la technologie NFC (le sans-contact avec le téléphone) entre 2026 et 2027. Surtout, l’arrivée prévue d’un euro numérique d’ici 2028 pourrait venir renforcer ce dispositif pour créer un véritable bouclier financier européen. L’objectif est clair : reprendre notre indépendance face aux solutions américaines et chinoises. Si les commerçants continuent de jouer le jeu pour économiser sur les frais, il est fort probable que d’ici 2030, la moitié de vos achats quotidiens passent par ce nouveau réseau.
Auteur :
Thierry Chabot
Article publié le
13 février 2026
et mis à jour le
13 février 2026
Passionné par l'univers de la finance, j'accompagne les particuliers dans leurs choix et décisions pour optimiser leur budget et ainsi faire des économies.