Adieu le chèque ? Ce que la fin de ce paiement change pour vos finances
Vous avez encore un chéquier qui traîne chez vous ? En France, ce bout de papier, utilisé pour payer la cantine ou régler une facture, vit peut-être ses derniers jours. Alors que le Trésor public envisage de lui dire adieu, on fait le point sur ce moyen de paiement qui ne représente plus que 3 % des transactions. Pourquoi décline-t-il ? Qui s’en sert encore ? Et qu’est-ce qui va le remplacer ?

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ToggleLe chèque : un bout de papier qui perd du terrain
Vous vous souvenez de la dernière fois que vous avez sorti votre chéquier ? Peut-être pour payer un médecin, un prof de piano ou un petit commerçant du coin, ou pour tout simplement faire un chèque de caution pour une location. En France, ce mode de paiement, qui a longtemps été un réflexe, est en train de devenir une relique. Selon la Banque de France, il ne représente plus que 3 % des transactions hors espèces en 2024. « C’était 37 % il y a 25 ans, c’est dire à quelle vitesse les choses ont changé », note un rapport récent. La carte bancaire, elle, truste désormais 64 % des paiements, sans parler des virements instantanés ou des applis comme Lydia ou PayPal. Pourquoi ce désamour ? Déjà, c’est cher à gérer pour les banques. Traiter un chèque, ça coûte du temps, du personnel, des machines. Et puis, soyons honnêtes, qui a envie d’attendre que son chèque soit encaissé quand un « bip » de carte règle l’affaire en deux secondes et que cela permet de mettre le règlement directement dans son budget du quotidien ?
Le chéquier : un champion européen en sursis
La France, c’est un peu le dernier bastion du chèque en Europe. On signe près de 7 chèques sur 10 émis sur le continent, rien que ça ! Mais même chez nous, les chiffres parlent d’eux-mêmes. Le Trésor public, qui gérait encore 39 millions de chèques en 2024, a vu leur nombre chuter de 72 % en dix ans. « On est sur une pente glissante, et cela ne va pas s’arranger », confie un fonctionnaire du centre de traitement de Rennes, le dernier encore dédié à ce travail. Ce centre, qui a encaissé 8,3 millions de chèques l’an dernier, soit une grosse partie des flux pour les impôts et amendes, pourrait fermer d’ici 2027. Et avec lui, une cinquantaine d’emplois risquent de passer à la trappe. Les discussions avec les syndicats reprendront cet automne, mais l’idée d’arrêter complètement d’accepter ce moyen de paiement pour les impôts ou les amendes est sur la table. D’ailleurs, depuis 2019, si vous payez vos impôts par chèque au-delà de 300 euros, vous prenez une petite claque : une majoration de 0,2 %. Pas énorme, mais assez pour vous faire réfléchir.
Le montant de mon impôt ou taxe est supérieur à 300 €, comment dois-je payer ?
À partir de 300€, le paiement dématérialisé est obligatoire pour tous les impôts des particuliers. Cette obligation s’impose pour le paiement de tous les impôts recouvrés par voie de rôle : c’est-à-dire l’impôt sur le revenu et prélèvements sociaux, l’impôt sur la fortune immobilière, la taxe d’habitation des résidences secondaires et autres locaux meublés non affectés à l’habitation principale, les taxes foncières… Dès lors, si le montant de votre impôt est supérieur à 300 €, le paiement par chèque, carte bleue, espèces ou virement n’est plus autorisé. (Article 1681 sexies de CGI)
Direction générale des Finances publiques
Pourquoi on s’accroche encore ?
Pourtant, il y a encore des irréductibles. Vous en faites peut-être partie. Les chèques, c’est pratique pour certains, surtout quand on n’a pas envie de sortir la carte ou qu’on n’est pas à l’aise avec les applis. Les seniors, par exemple, y tiennent souvent. « Ma mère, 78 ans, n’a jamais utilisé une carte bancaire de sa vie, elle trouve ça trop compliqué », raconte Sophie, sur un forum en ligne. Et puis, il y a les commerçants, ceux qui aiment bien ce système pour différer un paiement ou éviter les frais de carte. Sans parler des petites associations ou des clubs sportifs, qui demandent encore un chèque pour l’inscription. Mais voilà, même eux commencent à lâcher l’affaire. Les fraudes, c’est un gros problème : un quart des arnaques aux moyens de paiement en 2024 concernaient les chèques. Un bout de papier volé, une signature imitée, et hop, c’est la galère.
Les autres pays ont déjà tourné la page
En Europe, on nous regarde un peu comme des dinosaures. La Belgique, les Pays-Bas, l’Irlande : tous ont dit adieu au chèque il y a des années. « Chez nous, ça fait bien 15 ans qu’on n’en voit plus », explique un banquier néerlandais dans un article du Monde. En France, on résiste, mais jusqu’à quand ? Le Trésor public n’a pas encore fixé de date butoir, mais 2027 revient souvent dans les discussions. Le hic, c’est que tout le monde n’est pas prêt à passer au tout-numérique. Les associations comme UFC Que Choisir tirent la sonnette d’alarme : « Si on supprime le chèque sans proposer des alternatives simples, on risque de laisser des gens sur le carreau », préviennent-ils. Parce que, oui, tout le monde n’a pas un smartphone ou une connexion internet stable. Et dans les zones rurales, aller à un distributeur ou faire un virement, ce n’est pas toujours évident.
Des solutions pour éviter la galère
Alors, qu’est-ce qu’on fait ? Le Trésor public y pense. Parmi les pistes, il y a les paiements de proximité, comme chez les buralistes. En 2024, 3,1 millions de transactions ont été réglées comme ça, pour des impôts ou des amendes. La Poste aussi pourrait jouer un rôle, avec des guichets adaptés pour ceux qui galèrent avec le numérique. « On veut éviter que les gens se sentent perdus », assure un responsable du Trésor. Mais il faut aussi former, accompagner, expliquer. Parce que passer du chéquier à une appli, pour certains, c’est un peu comme apprendre une langue étrangère du jour au lendemain. Et puis, il y a la question des emplois. À Rennes, les salariés du centre de traitement s’inquiètent. « On parle de 50 postes, mais aussi d’un savoir-faire qui disparaît », déplore un syndicaliste dans Ouest-France.
Et vous, où en êtes-vous ?
Franchement, c’est peut-être le moment de fouiller dans vos tiroirs. Votre chéquier, il est encore là, un peu poussiéreux ? Vous vous en servez pour des trucs précis, comme payer le médecin ou la cotisation du club de foot ? Ou bien il dort quelque part, oublié depuis des lustres ? La France semble prête à dire adieu à ce bout de papier qui a marqué des générations. Mais avant que ça disparaisse pour de bon, on a tous une petite histoire à raconter. Peut-être celle d’un chèque perdu, d’un commerçant qui l’a refusé, ou juste d’un vieux réflexe qu’on n’arrive pas à lâcher. Alors, racontez-nous : le chèque, pour vous, c’est fini ou ça reste un fidèle compagnon ?

Auteur :
Thierry Chabot
Article publié le
7 août 2025
et mis à jour le
7 août 2025
Passionné par l'univers de la finance, j'accompagne les particuliers dans leurs choix et décisions pour optimiser leur budget et ainsi faire des économies.