L’or franchit la barre des 5 000 $ : opportunité du siècle ou bulle prête à éclater ?

C’est du jamais vu. Ce lundi 26 janvier 2026, l’once d’or a pulvérisé un plafond de verre que peu d’experts imaginaient atteindre si vite : 5 000 dollars. En à peine deux ans, le prix de la relique barbare a plus que doublé, portée par un vent de panique et les coups d’éclat de la Maison-Blanche. Forcément, quand on voit de tels chiffres, on a envie d’en être. Mais acheter au sommet d’une montagne est rarement l’idée du siècle. Alors, faut-il craquer maintenant ou garder son sang-froid en espérant une accalmie ? On fait le point sur ce qui secoue votre portefeuille.

Lingots et pièces d’or sur les annonces de Trump (Crédit Alex.I)
Lingots et pièces d’or sur les annonces de Trump (Crédit Alex.I)

Ce qu'il faut retenir :

  • Un sommet inédit : L’or a franchi la barre symbolique des 5 000 dollars l’once, boosté par le climat d’incertitude et la politique imprévisible de Donald Trump.
  • L’effet « assurance » : Le métal jaune confirme son rôle de valeur refuge face aux tensions commerciales mondiales et à l’affaiblissement du dollar.
  • Gare à l’euphorie : Avec une hausse de 150 % en deux ans, le marché est en surchauffe ; un essoufflement ou une correction technique ne sont pas à exclure à court terme.
  • La prudence est de mise : Si vous n’êtes pas encore positionné, préférez des achats progressifs (en plusieurs fois) plutôt que de miser tout votre capital au prix le plus haut.
  • Le bon dosage : Pour protéger vos économies sans prendre trop de risques, gardez une exposition raisonnable, idéalement entre 5 et 10 % de votre patrimoine global.

Un record à 5 000 dollars : pourquoi une telle envolée ?

Pour comprendre comment on en est arrivé là, il faut regarder du côté de Washington. Depuis que Donald Trump a repris les rênes, l’incertitude est devenue la seule règle. Entre les menaces de taxes douanières à tout va et une diplomatie imprévisible, les investisseurs ne savent plus à quel saint se vouer. Forcément, ils se ruent sur ce qu’ils connaissent de plus solide. Ce métal n’a besoin de personne pour exister, contrairement à une monnaie ou une action, et c’est précisément ce qui rassure en période de tempête.

Ce n’est pas seulement une affaire de politique américaine. Les banques centrales du monde entier, Chine en tête, achètent des lingots par tonnes pour moins dépendre du billet vert. Cette demande massive crée une tension permanente sur l’offre. Comme le dollar s’effrite un peu face à ces tensions, la valeur mécanique du métal jaune grimpe sans s’arrêter. En deux ans, il est passé de 2 000 à 5 000 dollars, une progression verticale qui donne le tournis mais qui s’appuie sur des craintes bien réelles.

Faut-il investir maintenant ou attendre un peu ?

C’est la question qui brûle les lèvres de tous ceux qui regardent leur épargne dormir sur un livret : Faut-il investir tout de suite ou attendre encore un peu ? Si vous avez un profil de « bon père de famille » et que vous visez le très long terme, l’idée n’est pas forcément mauvaise. L’or a toujours servi d’assurance. Historiquement, quand il franchit un seuil psychologique aussi fort, il a tendance à s’installer dans une nouvelle dimension. Certains analystes parient même déjà sur les 5 500 dollars d’ici quelques mois. Si vous pensez que le désordre mondial va durer, en posséder un peu reste une sécurité.

D’un autre côté, entrer sur le marché pile au moment où tout le monde en parle à la machine à café, c’est souvent risqué. On est dans ce qu’on appelle une zone de surachat. En clair, le prix est monté trop vite, trop haut, sans prendre le temps de respirer. Il suffirait d’un tweet un peu plus apaisant ou d’une accalmie sur le front des tarifs douaniers pour que les investisseurs pro décident de prendre leurs bénéfices. On pourrait alors voir le cours corriger de 10 ou 15 % en quelques jours. Attendre un petit repli vers les 4 500 dollars serait sans doute plus sage pour ne pas acheter « au plus haut ».

Est-ce que la hausse peut vraiment continuer ?

Mais, rien n’interdit de penser que le rallye va se poursuivre. Le marché fonctionne beaucoup à la psychologie. Tant que les tensions avec la Chine, les USA ou l’Europe restent sur le devant de la scène, le métal précieux gardera son aura de protecteur. En plus, si Donald Trump continue de jouer avec les nerfs des marchés mondiaux, la demande ne faiblira pas. Le scénario d’une envolée vers les 6 000 dollars n’est plus de la science-fiction pour certains fonds d’investissement qui voient dans cette période un changement d’ère monétaire.

Cependant, gardez en tête que rien ne monte au ciel en ligne droite. Après une telle parabole, une phase de stagnation est presque inévitable. Si le calme revient à Davos ou si l’économie américaine montre une résilience inattendue, l’urgence d’acheter de l’or pourrait s’estomper. Le risque, c’est de se retrouver coincé avec un actif acheté très cher alors que l’actualité passe à autre chose. C’est tout le paradoxe de cette valeur : elle brille quand tout le reste s’assombrit.

Or physique ou or papier : quel format choisir pour ses économies ?

Une fois la décision prise, une question subsiste : comment passer à l’acte ? Il existe deux grandes familles d’investissement. La première, c’est l’or physique. On parle ici de détenir concrètement des pièces ou des petits lingots. C’est l’option préférée de ceux qui cherchent une sécurité absolue, hors du système bancaire. En cas de crise majeure, vous avez votre trésor sous la main. C’est rassurant, mais cela demande de réfléchir à la sécurité : un coffre à la maison ou une place dans une chambre forte spécialisée a un coût. De plus, à la revente, il faut souvent compter avec des commissions de comptoirs physiques.

Pour franchir le pas de l’achat concret, il faut se tourner vers des professionnels ayant pignon sur rue. On trouve des comptoirs spécialisés dans l’achat et la vente de métaux précieux dans la plupart des grandes villes. Ces boutiques offrent l’avantage du conseil et permettent de repartir directement avec ses pièces sous le bras. Il est aussi possible de passer par des plateformes en ligne reconnues qui proposent de conserver vos achats dans des coffres ultra-sécurisés en dehors du circuit bancaire classique. Quoi qu’il en soit, évitez les petites annonces entre particuliers : la certification et la traçabilité (via un sac scellé et une facture) sont les seules garanties pour pouvoir revendre votre or sans encombre et au prix du marché le jour venu.

La seconde option, souvent appelée « or papier », s’adresse aux investisseurs qui privilégient la souplesse. Via des produits financiers comme les ETF (ou trackers), vous pouvez parier sur le cours de l’or aussi facilement que vous achetez une action en ligne. C’est idéal pour ceux qui veulent entrer et sortir du marché en quelques clics, sans se soucier du stockage ou du transport. Cependant, vous ne possédez qu’une créance : en cas de krach systémique total, vous dépendez toujours de la solidité de votre intermédiaire financier. Le choix dépend donc de votre curseur entre la liberté de mouvement et le besoin de concret.

Quelle stratégie adopter pour vos finances personnelles ?

Bien entendu, le secret, comme souvent en finance, c’est de ne pas mettre tous ses œufs dans le même panier. Si vous n’avez pas d’or du tout, n’y consacrez pas la moitié de vos économies d’un coup. La méthode la plus intelligente consiste à lisser vos achats. Achetez-en un peu aujourd’hui, puis un peu plus le mois prochain, peu importe le prix. Cela vous permet de moyenner votre coût d’acquisition et de ne pas trop souffrir si le marché décide de piquer du nez juste après votre passage à l’acte.

Pour l’épargnant lambda, l’objectif ne doit pas être de devenir riche du jour au lendemain, mais de protéger son pouvoir d’achat. Une poche d’or représentant 5 à 10 % de votre patrimoine total est généralement considérée comme un bon équilibre. Que vous choisissiez des pièces physiques à glisser dans un coffre ou des produits financiers qui répliquent le cours, l’essentiel est de ne pas agir sous le coup de l’émotion. Le record de ce lundi est historique, certes, mais la patience reste souvent la meilleure conseillère en investissement.

Thierry Chabot

Auteur : Thierry Chabot
Article publié le 26 janvier 2026 et mis à jour le 26 janvier 2026
Passionné par l'univers de la finance, j'accompagne les particuliers dans leurs choix et décisions pour optimiser leur budget et ainsi faire des économies.

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