Où en sont les taux de crédit immobilier en ce mois de janvier 2026 ?
Après les montagnes russes des dernières années, on commence enfin à y voir plus clair, même si le paysage n’est plus aussi dégagé qu’on l’aurait souhaité. Concrètement, si vous poussez la porte d’un courtier aujourd’hui, on ne vous parlera plus de baisse miraculeuse. On est plutôt sur un plateau. Les chiffres qui circulent chez les grands noms du secteur comme Meilleurtaux ou Pretto montrent que la fête est finie, ou du moins qu’elle stagne. Pour un emprunt sur 20 ans, la norme se situe désormais entre 3,25 % et 3,30 %. On est loin des 4 % qui nous faisaient transpirer il y a deux ans, mais on ne descend plus vraiment.
Si vous avez la chance d’avoir un dossier en béton, avec un apport qui rassure votre banquier et des revenus confortables, il reste possible de grappiller quelques points. Certains arrivent encore à décrocher du 2,9 % sur 20 ans, mais c’est devenu l’exception plutôt que la règle. Pour la majorité des emprunteurs, la réalité se situe davantage autour de 3,35 % sur 25 ans. En bref, le marché a trouvé son point d’équilibre. Les banques ont ajusté leurs marges et, pour l’instant, elles n’ont pas l’air pressées de faire de nouveaux cadeaux pour attirer le client.
| Durée du prêt |
Taux moyen du marché* |
Meilleurs profils (taux mini)* |
| 10 ans |
2,95 % à 3,00 % |
2,65 % |
| 15 ans |
3,10 % à 3,20 % |
2,85 % |
| 20 ans |
3,25 % à 3,35 % |
2,95 % |
| 25 ans |
3,35 % à 3,50 % |
3,10 % |
* Données indicatives basées sur les barèmes moyens des courtiers (Meilleurtaux, Pretto, CAFPI) au 19 janvier 2026. Hors assurance et frais de dossier.
Pourquoi la baisse des taux semble-t-elle s’être arrêtée brutalement ?
C’est la grande question que tout le monde se pose. Pourquoi ça ne descend plus ? La réponse se trouve en grande partie du côté de Francfort, au siège de la Banque Centrale Européenne. Depuis le milieu de l’année dernière, l’institution a décidé de stabiliser ses propres taux autour de 2 %. Comme les banques se basent sur ces indicateurs pour fixer les vôtres, le robinet de la baisse s’est tari mécaniquement. Il n’y a plus ce moteur qui poussait les taux immobiliers vers le bas chaque mois comme on l’a vu tout au long de l’année 2025.
Il faut aussi dire que l’économie joue un peu avec nos nerfs. L’inflation n’est pas totalement endormie et les experts surveillent chaque petit signe de reprise des prix comme le lait sur le feu. Si la vie recommence à augmenter trop vite, la BCE pourrait même décider de serrer à nouveau la vis. Du coup, les banques françaises préfèrent rester prudentes. Elles ne veulent pas s’engager sur des taux trop bas alors que le coût de l’argent pourrait remonter d’ici quelques mois. C’est un peu la stratégie du « on attend de voir » qui domine actuellement dans les services de prêt.
Faut-il s’attendre à une nouvelle baisse des taux d’ici la fin de l’année 2026 ?
Si vous espériez voir les taux retomber à 2 % d’ici Noël, je vais sans doute devoir jouer les rabat-joie. Le scénario qui fait l’unanimité chez les spécialistes du crédit, c’est celui d’une grande stabilité, avec même un risque de petite remontée. On parle d’une fourchette qui oscillerait entre 3,10 % et 3,50 % pour l’ensemble de l’année. Les optimistes pensent qu’on va rester sur ces niveaux, tandis que les plus prudents voient déjà la moyenne nationale atteindre les 3,5 % avant décembre si le contexte macroéconomique se tend un peu trop.
En fait, le marché est devenu très sensible au moindre aléa politique ou économique. On n’est plus dans une dynamique de baisse structurelle mais dans de l’ajustement à la petite semaine. Pour celui qui veut acheter, cela signifie qu’attendre six mois de plus ne servira probablement à rien, à part peut-être voir son pouvoir d’achat immobilier s’effriter si les prix des logements, eux, repartent à la hausse. Le mouvement de baisse entamé après les pics de 2023 semble bel et bien avoir atteint son plancher définitif.
Les meilleurs profils peuvent-ils encore espérer des taux préférentiels ?
Tout n’est pas noir pour autant, surtout si vous présentez un profil qui fait rêver les banquiers. En 2026, la sélectivité reste le maître-mot. Les établissements financiers ont toujours besoin de capter de bons clients, ceux qui vont domicilier leurs salaires et prendre des assurances. Si vous arrivez avec un apport de 20 % ou plus et une situation professionnelle stable, vous avez encore une carte à jouer. Dans ces cas-là, la négociation reste ouverte et il n’est pas rare de voir des offres passer sous la barre symbolique des 3 % sur des durées de 15 ou 20 ans.
Cependant, il ne faut pas se leurrer : la marge de manœuvre des conseillers bancaires s’est réduite. Ils ne peuvent plus faire les mêmes efforts qu’il y a un an car leur propre coût de financement ne baisse plus. On est donc dans une configuration où le « bon » taux se mérite et se négocie pied à pied. Pour le commun des mortels, la stabilité est la règle. L’idée, c’est surtout de sécuriser son projet maintenant avant que les conditions ne se durcissent éventuellement si l’inflation décidait de pointer à nouveau le bout de son nez.
Quel conseil pour ceux qui ont un projet immobilier en ce début d’année ?
Le premier conseil, c’est d’arrêter de viser un calendrier idéal qui n’arrivera peut-être jamais. On a souvent tendance à vouloir attendre le « taux le plus bas historique », mais cette fenêtre est désormais derrière nous. En janvier 2026, les conditions restent tout de même bien plus acceptables qu’il y a deux ans. On peut à nouveau emprunter sans que la mensualité ne ressemble à une punition. Si vous trouvez le bien de vos rêves, ne le laissez pas filer uniquement dans l’espoir d’une baisse de 0,10 % qui ne viendra sans doute pas cette année.
L’autre point important, c’est de bien soigner son dossier avant d’aller voir la banque. Puisque les taux ne bougent plus, la différence se fera sur votre capacité à rassurer. Un petit nettoyage de vos comptes, l’absence de découverts et une épargne résiduelle après l’achat sont vos meilleurs alliés pour arracher les meilleures conditions du moment. En résumé, 2026 sera l’année du pragmatisme : on n’attend plus de miracle, on gère son budget avec les chiffres actuels, qui, disons-le franchement, restent tout de même corrects pour construire un projet de vie solide.
Auteur :
Thierry Chabot
Article publié le
19 janvier 2026
et mis à jour le
19 janvier 2026
Passionné par l'univers de la finance, j'accompagne les particuliers dans leurs choix et décisions pour optimiser leur budget et ainsi faire des économies.