Bug bancaire géant : pourquoi ces prélèvements mystères affolent les Français ?

Depuis le début de la semaine, c’est la douche froide pour des milliers de Français. En ouvrant leur application bancaire, beaucoup ont découvert avec effroi des transactions qu’ils n’ont jamais passées ou, plus souvent, des achats datant de plusieurs mois qui refont surface comme par magie. Si vous voyez votre solde fondre à vue d’œil à cause de doublons inexpliqués chez Devred ou Vinted, rassurez-vous : vous n’êtes pas victime d’un hacker de génie, mais d’un simple déraillage informatique.

Une façade d'un établissement financier
Une façade d'un établissement financier

Ce qu'il faut retenir :

  • Pas de piratage en vue : Il s'agit d'un bug technique chez le prestataire Monext (groupe Arkéa) et non d'une cyberattaque ou d'une fraude sur vos coordonnées bancaires.
  • Des doublons parfois anciens : Les transactions qui s'affichent peuvent concerner des achats réels effectués il y a plusieurs mois, notamment chez des enseignes comme Vinted ou Devred.
  • Ne touchez à rien : Il est fortement déconseillé de contester les opérations manuellement. Cela risquerait de bloquer le remboursement automatique déjà enclenché par les banques.
  • Retour à la normale imminent : La régularisation est en cours et 98 % des erreurs sont déjà identifiées. Votre solde devrait être rétabli d'ici la fin de la semaine.
  • Gardez un œil sur l'appli : Votre banque vous informera via une notification dès que la situation sera corrigée. Ne contactez le service client qu'en cas de problème persistant après le week-end.

Mais que se passe-t-il vraiment sur nos comptes depuis mardi ?

Tout a commencé le mardi 27 janvier dernier. Du jour au lendemain, des clients de la Caisse d’Épargne, de BoursoBank ou encore du Crédit Coopératif ont vu leur historique de compte s’affoler. Des lignes de débit sont apparues sans crier gare, créant un vent de panique sur les réseaux sociaux. Pour certains, il s’agit de petits montants, mais pour d’autres, l’accumulation de ces transactions « fantômes » a carrément fait basculer le compte dans le rouge. On parle ici de paiements par carte bancaire qui semblent sortir de nulle part, alors que les cartes en question sont bien sagement restées dans les portefeuilles de leurs propriétaires.

En réalité, le problème ne vient pas d’une faille de sécurité massive ou d’une campagne de phishing. C’est un incident technique beaucoup plus terre-à-terre qui en est la cause. Un acteur majeur du traitement des paiements a tout simplement « bégayé » dans l’envoi de ses fichiers de transactions. Au lieu de transmettre les nouveaux flux, le système a renvoyé d’anciens ordres, provoquant une pagaille monstre dans le grand livre de comptes des banques françaises. C’est ce qu’on appelle dans le jargon un bug de traitement massif, et malheureusement, il a touché une multitude d’établissements au même moment.

Qui est le coupable derrière ce désordre informatique ?

L’origine du séisme a été localisée assez rapidement. Les regards se sont tournés vers le groupe Crédit Mutuel Arkéa, et plus précisément vers l’une de ses filiales techniques : Monext. Si ce nom ne vous dit rien, sachez qu’ils sont pourtant omniprésents dès que vous sortez votre carte bleue. Cette société gère le traitement des paiements pour énormément de commerçants et de sites de vente en ligne. C’est ce qu’on appelle un prestataire tiers. En gros, ils font le pont entre le terminal de paiement du magasin et votre banque.

C’est précisément dans leurs tuyaux que la machine s’est grippée. En réémettant par erreur des milliers de transactions parfois vieilles d’un an, ils ont forcé les banques des clients à débiter à nouveau les sommes. Voilà pourquoi vous avez peut-être revu passer cet achat de vêtements ou cette commande sur une plateforme de seconde main effectuée l’année dernière. Le prestataire a fini par identifier le problème, mais le mal était fait : les données étaient déjà parties vers les banques de détail qui, elles, n’ont fait qu’appliquer les ordres reçus automatiquement.

Pourquoi ma banque me demande-t-elle de ne rien toucher ?

C’est sans doute le point le plus contre-intuitif pour n’importe qui voyant son argent disparaître : il ne faut surtout pas faire de réclamation manuelle pour le moment. Dans les applications de la Caisse d’Épargne ou de la Banque Populaire, des messages d’alerte tournent en boucle pour calmer le jeu. Ils expliquent que les équipes sont sur le pont et qu’une régularisation globale est en train de se mettre en place. Si vous commencez à contester chaque ligne une par une de votre côté, vous risquez de bloquer les processus automatiques de remboursement que les banques sont en train de déployer.

L’idée, c’est de laisser les algorithmes de correction faire le ménage. Puisque l’erreur est identifiée à la source, les banques savent exactement quelles transactions sont légitimes et lesquelles sont des doublons erronés. En lançant une procédure de contestation classique auprès de votre conseiller, vous pourriez déclencher des frais inutiles ou rallonger le délai de traitement. C’est frustrant de rester spectateur face à un solde qui fait grise mine, mais c’est la solution la plus rapide pour que tout rentre dans l’ordre sans complications administratives supplémentaires.

Quand est-ce que l’argent reviendra enfin sur mon compte ?

La bonne nouvelle, c’est que le bout du tunnel est proche. Selon les dernières remontées d’informations, la quasi-totalité des opérations fautives a déjà été isolée. On parle de 98 % des doublons identifiés dès jeudi soir. Les banques assurent que le rétablissement des soldes se fera d’ici la fin de la semaine, soit autour du 30 janvier. Pour la majorité d’entre vous, les écritures devraient simplement s’annuler ou être compensées par un crédit équivalent, remettant les compteurs à zéro sans que vous n’ayez perdu un centime au passage.

Évidemment, si le problème persiste au-delà de ce week-end, il faudra alors changer de stratégie. Si lundi matin votre compte affiche toujours ces débits bizarres, là, il sera temps de décrocher votre téléphone ou d’envoyer un message à votre conseiller. Mais d’ici là, la patience est votre meilleure alliée. Les établissements bancaires ont tout intérêt à régler cela au plus vite pour éviter de saturer leurs services clients déjà bien débordés par cet incident qui, on le rappelle, reste purement technique et sans danger pour vos données personnelles.

Thierry Chabot

Auteur : Thierry Chabot
Article publié le 30 janvier 2026 et mis à jour le 30 janvier 2026
Passionné par l'univers de la finance, j'accompagne les particuliers dans leurs choix et décisions pour optimiser leur budget et ainsi faire des économies.

  • Tags:
  • Bug Bancaire
  • Compte personnel
  • Prélèvement